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aux technologies Esri

Les grands messages de la UC Esri 2018 - 1/2

Il y a 2 semaines avait lieu la conférence mondiale des utilisateurs Esri à San Diego. Comme promis, je vous propose une synthèse en deux épisodes pour résumer tout d'abord les grands messages stratégiques puis les annonces technologiques de cette UC 2018.

La dynamique en pleine accélération du leader mondial des SIG, que j'évoque depuis 2-3 ans, était particulièrement visible cette année.  Qu'il s'agisse des projets de R&D et de la vision exposés par Esri ou de la dynamique du nombre de participants et de partenaires, cet événement unique au monde devient de plus en plus impressionnant. Plus de 18000 utilisateurs, venus du monde entier, ont fait le déplacement pour contribuer, apprendre et partager autour des usages toujours plus innovants de l'information géographique. Plus de 1000 ateliers animés par Esri, ses partenaires et ses utilisateurs ainsi que 300 exposants ont permis aux participants de mieux comprendre les enjeux de l'intelligence géographique et son rôle dans la transformation digitale de nos organisations, de nos communautés et de notre société de manière plus générale.
 
    
Comme le rappelait Jack Dangermond (Président et Fondateur d'Esri), les organisations implémentent désormais en grande majorité des architectures SIG modernes basées sur les paradigmes du web (protocoles, services, cloud, distribution des composants,...) ce que l'on appelle des SIG Web. Il fait le constat que cette nouvelle approche a permis de faire tomber de nombreuses barrières organisationnelles et qu'elle a fait émerger de nouvelles formes de collaboration autour du partage de l'information géographique. Avec toujours plus de données et de capacités de traitements spatiaux disponibles sous la forme de services web diffusés et des architectures serveur toujours plus légères et plus flexibles, un nombre croissant d'utilisateurs dans les organisations utilisent des données géolocalisées dans leurs processus et leurs tâches quotidiennes.

    
La plateforme ArcGIS est le socle technologique qui est au centre des investissements et des développements d'Esri. L'objectif reste toujours de permettre aux organisations de mettre en oeuvre leur stratégie et leur science autour de l'information géolocalisée (The Science Of Where). Pour cela, Jack Dangermond a rappelé les trois piliers qui font de ce socle un SIG complet capable d'adresser l'essentiel des processus. La plateforme ArcGIS fournit en effet:
- des capacités de collecte et d'intégration de données (System of Record), 
- des capacités d'exploration, d'analyse et de modélisation (Système of Insight) 
- des capacités de partage, de collaboration et de dissémination de l'information géographique (System of Engagement).


Il est reconnu depuis de nombreuses années que la plateforme ArcGIS adresse les besoins les plus avancés et les processus les plus complexes de l'organisation. Plus récemment, ArcGIS a évolué pour servir de nouveaux usages et une nouvelle sphère d'utilisateurs. En exposant les fonctionnalités et les contenus de la plateforme ArcGIS de manière plus simple (APIs et SDKs ArcGIS), ouverte (Géoservices Rest) et standardisée (JSON, GeoJSON, OGC), ArcGIS devient la plateforme d'intelligence géographique et cartographique de votre SI pour servir un public beaucoup plus vaste.


Ce qui est remarquable aujourd'hui c'est d'adresser ces deux grandes typologies d'usages avec une seule et même plateforme. Cette évolution est possible grâce aux capacités d'hybridation proposées par Esri. Aujourd'hui, la plupart des composants de la plateforme sont utilisable en mode "On-Promises" (dans votre infrastructure) ou "Online" (dans une infrastructure de Cloud de votre choix ou en SaaS dans l'infrastructure Esri).
 

SIG et Transformation Digitale

Une autre tendance forte décrite par Jack Dangermond lors de la plénière concerne la contribution de plus en plus évidente du SIG à la transformation digitale des organisations. En effet, l'adoption d'architectures SIG Web permet de passer de l'exécution séquentielle de processus (même fortement automatisés) à l'exécution simultanée et intégrée d'opérations pour l'ensemble de l'organisation. Moins cloisonnés, mieux synchronisés et intégrés aux autres données du SI, les données du SIG et ses capacités analytiques transforment les processus eux-mêmes, les potentiels d'analyse et les cycles de décision des organisations.

  
En particulier, les nouvelles capacités de traitement distribué des Big Data autorisent désormais des analyses dont le périmètre ou la fréquence étaient, il y a quelques années encore, inenvisageables. Réaliser quotidiennement une prédiction du trafic ou de l'accidentologie en fonction d'un historique de données collectées sur plusieurs milliers de jours sur son réseau routier est aujourd'hui tout à fait possible.


"GIS, Inspiring What’s Next”

Le thème de cette année, largement développé lors de la session plénière est "GIS, Inspiring What's Next". L'idée part du constat que les SIG ne servent plus uniquement à collecter et gérer la réalité d'hier et d'aujourd'hui mais aussi et surtout à préparer, anticiper et imaginer l'avenir. Déjà insufflée par Esri dans les composants de la plateforme ArcGIS depuis quelques années, l'ajout de nouvelles capacités d'analyse prédictive est un élément important de la stratégie technologique actuelle.
     
Les technologies, si puissantes et essentielles soient-elles, sont aujourd'hui facilement instanciables sans difficultés majeures et à des coûts de plus en plus maîtrisés. Esri poursuit d'ailleurs une road-map ambitieuse pour la simplification du déploiement d'ArcGIS Entreprise et de ses différents rôles serveur (collaboration entre portail, architecture de microservices, stratégie de containérisation, virtualisation, …). Non, selon le Président-Fondateur d'Esri, ce qui importe surtout désormais c'est d'être en capacité d'imaginer ce que l'on peut faire de ces nouvelles capacités technologiques lorsqu'on les combine à la masse de données accumulées pour mieux prédire et décider dans le futur. Et ça c'est la responsabilité des géomaticiens de demain.

Pour Esri, cela veut dire continuer à travailler à la fourniture d'outils d'analyses spatio/temporelles capables de traiter aussi bien vos fichiers, vos bases de données et vos entrepôts de donnée Big Data, qu'elles soient géographiques on non, qu'elles soient structurées ou non. L'enjeu pour Esri c'est également de rendre le choix des outils et leur usage le plus simple possible.

 

Jack Dangermond a également profité de cette plénière pour évoquer quelques enjeux technologiques importants pour les géomaticiens. Ces challenges sont directement liés aux nouvelles capacités offertes par le Cloud, la mobilité connectée, l'ubiquité des capteurs ou encore les promesses de l'intelligence artificielle. Parmi ces enjeux, trois évolutions structurantes doivent être prises en compte et maîtrisées par les organisations pour développer leur stratégie d'intelligence géographique. 


Un SIG de plus en plus distribué

Les nouvelles architectures SIG distribuées connectent de multiple instances de SIG Web (On-Premises ou Online) avec des liens directs vers les données de chaque instance gérées par les auteurs et les responsables de ces données. Les interactions dans un SIG distribuées sont pris en charge par les nouveaux mécanismes de collaboration entre portails ArcGIS (cartes web, scènes web, couches, apps). Ce nouveau niveau d'intégration construit sur le framework des utilisateurs nommés d'ArcGIS Enterprise et d'ArcGIS Online permet de relier des systèmes sécurisés pour créer un système de systèmes opérant de manière efficace, en particulier entre différentes organisations. 
   
    
  
Un SIG de plus en plus temps-réel
  
La collecte et le traitement de données en temps-réel prend une place stratégique dans les systèmes d'entreprise. Très souvent géographique, les plateformes temps-réel se nourrissent de la multitude de capteurs terrestres et aériens, statiques ou mobiles, qui permettent le suivi instantané de vos infrastructures ou de votre territoire. Qu'ils correspondent à des mesures quantitatives ou à des collectes d'images/vidéos, ces sources de données temps-réel représentent généralement un challenge en termes de stockage mais aussi en termes de traitement. Avec par exemple le composant GeoEvent Server, la plateforme ArcGIS offre les capacités de collecte, de traitement et de diffusion de ces flux de données temps-réel issus de l'IoT. GeoEvent Server peut constituer à lui seul la plateforme temps-réel de votre organisation ou s'intégrer dans un système temps-réel plus global déjà existant dans votre infrastructure ou sur des plateformes Cloud (comme Azure IoT Hub par exemple).



Intelligence Artificielle (AI), Machine Learning (ML) et Deep Learning (DL)

L'AI est un sujet qui investit tous les domaines d'application de l'informatique et donc celui du traitement automatisé des données géospatiales et la résolution de problèmes spatiaux. L'AI est le terme générique qualifiant les procédés informatiques (algorithmes et mises en oeuvre technique) permettant à  des machines de simuler des compétences ou des raisonnements humains.  Le Machine Learning est une sous-partie de l'AI dans laquelle on utilise des algorithmes et des techniques d'entrainement basés sur des données permettant à l'ordinateur de déterminer des tendances ou des modèles. Le Deep Learning est également une sous partie de l'AI qui utilise des structures de codes faiblement couplées (appelées réseaux neuronaux) pour imiter la façon dont le cerveau humain travaille pour réaliser des analyses prédictives. L'AI s'applique de plus en plus avec succès sur des données géospatiales autour de trois grandes familles d'analyse: classification, clustering et prédiction. ArcGIS dispose depuis de nombreuses années d'outils d'analyse intégrant des algorithmes de Machine Learning pour la classification et le clustering. Ces outils peuvent être complétés en coupant ArcGIS à des frameworks et des plateformes d'AI externes. L'utilisation de l'API Python d'ArcGIS est une clé essentielle dans cette intégration. Esri continue à développer de nouveaux outils de Machine Learning et de Deep Learning dédiées aux données géospatiales, en particulier dans une optique de traitements parallélisés (en Serveur avec Spark ML mais aussi dans ArcGIS Pro ).
 


Autres thèmes

De nombreux autres thèmes ont été abordés durant cette plénière et le reste de la semaine. 

Par exemple, le SIG 3D et la convergence SIG-BIM ont été au coeur des ateliers techniques de la conférence. La démonstration très impressionnante autour des solutions Esri-Autodesk durant la plénière et la présence d'Autodesk parmi les exposants démontre la dynamique du partenariat technologique qui s'opère depuis quelques mois entre les deux éditeurs. 

Les évolutions très importantes de ces derniers mois en termes de gestion et de traitement de Big Data (vecteur et imagerie) ont été également largement abordées durant la semaine avec une Road-Map très ambitieuse dans ces domaines. 

L'annonce de l'arrivée de nouveaux produits "solution" tels qu'ArcGIS Hub, ArcGIS Urban et ArcGIS Indoors ont également marqué les esprits des utilisateurs présents à San Diego. Cette approche vise à répondre à certains workflow spécifiques des organisations à travers des applications ArcGIS dédiés utilisant des composants existants de la plateforme.

Concernant le poste bureautique de l'expert SIG, Esri poursuit ses investissements sur ArcGIS Desktop. Confirmant l'adoption généralisée d'ArcGIS Pro, Esri a pris le temps de détailler les évolutions de la toute dernière version 2.2 sortie quelques jours avant la conférence mais aussi les évolutions à attendre pour les trimestres à venir. ArcGIS Pro évolue très vite et dépasse aujourd'hui très largement les capacités fonctionnelles et les performances des anciennes applications ArcMap, ArcScene et ArcGlobe dont une nouvelle version 10.6.1 vient de sortir.

Dans une deuxième partie, je reviendrais plus en détails sur les annonces faites autour des différentes composantes et applications de la plateforme ArcGIS.



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1 commentaires :

x. lhomme a dit…

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